Printemps 2018 – N° 10

Montagnes des Vosges - Printemps 2018 – N° 10

Patrimoine vivant

A l’aube de ce printemps qu’on espère nourricier, généreux, prometteur donc et novateur, me vient l’idée de partager une réflexion optimiste. Les oiseaux migrateurs hier en partance nous reviennent, avec leurs chants, leurs couleurs et leurs idylles fructueuses. Les crêtes sommitales mêleront sous peu les jeux vifs des chamois à la présence candide des vaches vosgiennes. La neige en partance aura engendré les sources les plus ingénues, tout aussi fécondes aussi.

L’homme, en phase avec cette nature en perpétuelle métamorphose, n’est pas en reste pour nous ouvrir la voie du plaisir. Voilà qui rassure, conforte l’utopie, la foi en un avenir meilleur.

Témoins, les jeunes Frères Rémusat tout en Nuances qui, à travers leurs images, nous confient humblement, quoique superbement, la capacité, rare, mais réelle, de l’humanité à se fondre dans toutes les vies mystérieuses qui l’entourent, à tenter d’en saisir les mouvements, pour mieux s’y épanouir.

Une telle sérénité peut nourrir les desseins les plus inédits. Le riche patrimoine culturel,imaginé, réfléchi, conçu en son temps dans la montagne vosgienne et ses piémonts, et sujet, en ce printemps, à renaissance, en bénéficie. Témoin, la fabuleuse Bibliothèque humaniste de Sélestat née au 16e siècle, protégeant et transmettant les valeurs universelles et intemporelles les plus nobles, car porteuses de paix, d’équilibre et d’épanouissement individuel et collectif.

Un brillant architecte, toute une communauté de travail et de pensée – élus, collaborateurs, entrepreneurs – ont oeuvré au réveil et au partage de ces trésors. A Colmar, à Epinal, au pays des Abbayes, des initiatives similaires ont vu le jour. Naturel, culturel, intellectuel, un patrimoine n’a en effet de sens que s’il est vivant.

C’est tout le projet, territorial et universel à la fois, de Terre O’Vallée développé par Patrick Colin, du côté de la Haute-Mortagne. Ruralité ou urbanité, peu importe. Le bonheur, toujours à construire, méconnaît les seuls acquis. Seuls importent les terreaux. Hommes, animaux, végétaux, minéraux les ont façonnés, perpétuant aujourd’hui l’ouvrage. En toute humilité, le gage, semble-t-il, de leur survie.

Claude VAUTRIN

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