Été 2017 – N° 7

Montagnes des Vosges - Été 2017 – N° 7

Aller de l’avant

Festif et commémoratif : ainsi est l’été 2017 dans le massif des Vosges. Question joies à partager, le fait n’est pas nouveau. Les montagnards ont même une belle expérience en la matière.

Savourons donc sans retenue l’opportunité de vivre une telle convivialité.

Pour ce qui est des anniversaires, n’oublions pas, c’est évident, la mémoire des temps de résistance et d’engagement pour la défense des libertés.Le massif en fut là encore le cadre ô combien instructif sur les valeurs qu’il incarne.

Mais, en ce 120e anniversaire de la création du fameux rectangle rouge, et des 70 ans de l’homologation du GR5, une Grande traversée pionnière, concentrons plutôt le propos sur la symbolique, forte s’il en est, de l’itinérance, fêtée cet été de Wissembourg à Belfort, des forêts des Vosges du Nord aux collines sous-vosgiennes, descirques glaciaires aux hautes-chaumes de la grande crête.

L’itinérance a une première vertu, celle de vous mettre debout, en une verticalité qui n’est jamais soumission. La posture serait vaine sans le mouvement qui lui est lié, son autre qualité première. Le déplacement n’est en rien banal, car éloignant du confort, des habitudes, des certitudes souvent liés à la sédentarité. Entrer en itinérance, c’est intrinsèquement aller de l’avant, tout en prenant paradoxalement du recul, voire dela hauteur. C’est tout autant aller à la rencontre d’autrui, au hasard du chemin, en des rendez-vous improvisés, c’est donc prendre le beau risque de se confronter à l’altérité, et, partant, de se découvrir soi-même, mais aussi d’apprendre.

Voilà qui est loin d’être innocent, car, en prime, se profile la liberté. Qu’elle naisse d’une communion sincère, accomplie avec la nature, ou qu’elle soit synonyme de survie. Hier, les Compagnons bravant les interdits et l’immobilisme des corporations médiévales et cheminant de chantier en chantier pour la maîtrise d’un art ; plus proches, les longues marches revendicatives bravant les pouvoirs ; aujourd’hui les migrants fuyant la misère ou l’oppression. Aller de l’avant, c’est certain, n’est jamais vain.

Claude VAUTRIN

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